Le gouvernement Fillon, dont faisait partie à l'époque Martin Hirsh, a ainsi fait disparaître l'allocation RMI et l'Allocation Parent Isolé.
Les fervents défenseurs du RSA nous disent encore aujourd'hui que le RSA reste une bonne idée, mais que la "crise" a empêché le dispositif d'atteindre son objectif.
Nous observons, nous, que le RSA non seulement n'a pas atteint ses objectifs, mais au contraire enferme les salariés privés d'emploi dans la misère et la précarité.
Nous observons que le RSA est un dispositif parfaitement intégré dans le système qui produit de l'exclusion. Nous observons que le RSA nivelle les revenus et le travail par le bas, et donc que c'est une arme contre les travailleurs.
Dans le détail, comment le RSA est-il vécu aujourd'hui par les salariés privés d'emploi ?
Premièrement, il faut remettre les pendules à l'heure.
Les salariés privés d'emploi n'ont pas demandé à être privés d'emploi.
Chaque travailleur dans ce pays aspire à avoir UNE PLACE DANS LA SOCIETE.
Il aspire à participer à créer des richessses, il aspire à gagner suffisament d'argent pour lui et sa famille.
Il aspire à avoir, lui aussi une vie sociale, des échanges dans le cadre de son travail.
Le problème principal est que l'organisation même de notre modèle productif est basée sur les inégalités, la concurrence exacerbée, la financiarisation de la création de richesses.
Les personnes handicapées ne peuvent que très rarement accéder à un emploi adapté à leur handicap. Ils sont elles aussi bien souvent mises de côté.
Avec 8 millions de personnes vivant avec des revenus en dessous du seuil de pauvreté en France, le bilan de cette politique est calamiteux.
Tant que l'on ne changera pas cette organisation, les travailleurs continueront à travailler, et même vivre uniquement pour assurer l'enrichissement d'une minorité de la population :
Ce qu'on appelait avant "les rentiers", et ce qu'on appelle aujourd'hui "les actionnaires".
A l'autre bout de l'échelle sociale, il est aujourd'hui impossible de VIVRE en touchant le RSA. On survit.
Le volet "retour à l'emploi" du RSA est, lui, en plus d'être inefficace, une pression énorme sur les salariés privés d'emploi.
Nous en avons plus qu'assez de subir cette pression inutile.
La "politique du chiffre" fait que les services sociaux font tout pour que les salariés privés d'emploi acceptent n'importe quel boulot. Selon le principe que "il faut justifier de son allocation par le travail".
La pression est si forte que de nombreux d'entre nous finissent par plier l'échine, et prendre un emploi précaire et mal payé, pour échapper à cette "police de l'emploi".
Or nous n'avons pas besoin d'ateliers CV.
Nous n'avons pas besoin de "prestations de retour à l'emploi".
Nous n'avons pas besoin de rendez-vous obligatoires pour justifier encore et encore de nos recherches d'emploi.
Nous ne sommes pas le cancer de la société.
Nous ne sommes pas de fraudeurs.
Nous ne sommes pas des profiteurs.
Nous sommes la force productive de ce pays.
Nous sommes des hommes et des femmes dignes,et travailleurs
Nous sommes la France de demain
Nous ne voulons pas des condtions de travail dégradées.
Pas des temps partiels payé une misère
Pas une succession de CDD et d'interim sans fin.
Nous voulons juste un emploi décent, à salaire décent.
Le "cas" Yamina :
Une copine du comité, Yamina, a eu un mois de suspension de RSA sous le pretexte qu'elle n'aurait pas voulu "signer un document d'engagements réciproques" et qu'elle aurait "refusé un emploi".
Nous l'avons soutenu dès le départ, car son cas est un "cas d'école" :
Aucun emploi décent à salaire décent ne lui a été proposé.
Il était juste question, comme pour tant d'entre nous, de nous imposer de prendre un temps partiel subi en CDD, "n'importe quel boulot", pour avoir droit au tampon administratif "bon pauvre".
Cliquer ici pour lire notre premier article sur le sujet.
Nous avons, début mai, envoyé un courrier à chacun des 42 conseillers généraux du Morbihan.
Nous leur avons demandé de prendre position, pour Yamina, mais aussi pour chacune des personnes au RSA en prise avec un système parfois très hostile : Le monde des services sociaux, le monde des personnes qui "suivent", "accompagnent", et "aident au retour à l'emploi".
Nous remercions ici les premiers conseillers généraux qui ont signé cette pétition, dont M. LENORMAND.
Voici la reproduction de cette lettre.
Destinataires :
Arrondissement de Lorient
canton d'Auray Philippe LE RAY
canton de Belle-Île Yves BRIEN
canton de Belz Gérard LE TREQUESSER
canton de Groix Denise LE MARECHAL
canton de Hennebont Gérard PERRON
canton de Lanester Thérèse THIERY
canton de Lorient-Centre Norbert METAIRIE
canton de Lorient-Nord Émile JETAIN
canton de Lorient-Sud Yves LENORMAND
canton de Ploemeur Loïc LE MEUR
canton de Plouay Jean-Rémy KERVARREC
canton de Pluvigner Bernadette DESJARDINS
canton de Pont-Scorff Pierrik NEVANNEN
canton de Port-Louis Jacques LE LUDEC
canton de Quiberon Gérard PIERRE
Arrondissement de Pontivy
canton de Baud Noël LE LOIR
canton de Cléguérec Serge MOËLO
canton de Gourin Christian DERRIEN
canton de Guémené-sur-Scorff Jean-Jacques TROMILIN
canton de Josselin Joseph SAMSON
canton du Faouët Pierre POULIQUEN
canton de Locminé Gérard LORGEOUX
canton de Pontivy Henri LE DORZE
canton de Rohan Pierre LE TESTE
canton de Saint-Jean-Brévelay Guénaël ROBIN
Arrondissement de Vannes
canton d'Allaire Yvette ANNEE
canton d'Elven Joël LABBE
canton de Grand-Champ Yves BLEUNVEN
canton de Guer Jean-Marie CHADOUTEAU
canton de La Gacilly Yannick CHESNAIS
canton de La Roche-Bernard Alain GUIHARD
canton de La Trinité-Porhoët Michel PICHARD
canton de Malestroit Jo LEGAL
canton de Mauron Guy de KERSABIEC
canton de Muzillac Joseph BROHAN
canton de Ploërmel Patrick LE DIFFON
canton de Questembert Michel BURBAN
canton de Rochefort-en-Terre François HERVIEUX
canton de Sarzeau David LAPPARTIENT
canton de Vannes-Centre François GOULARD
canton de Vannes-Est Hervé PELLOIS
canton de Vannes-Ouest André GALL
Nous engageons toute personne, qu'elle soit allocataire RSA, qu'elle travaille dans les services sociaux, ou qu'elle soit responsable politique, à défendre l'idée que l'homme doit revenir au centre de la société.
L'idée que chacun d'entre nous a droit à une VRAIE PLACE dans cette société.
L'idée que chacun d'entre nous a droit à un emploi décent, à salaire décent.
Organisons-nous, car nous en avons besoin pour défendre ces idées.
Merci de faire signer la pétition de soutien à Yamina, et de nous la retourner.
Ou cliquer ici pour télécharger la pétition au format pdf
Et cliquer ici pour accéder à l'artice du figaro où le président du secours catholique déclare "ce qui est humiliant, c'est de devoir toujours justifier de sa pauvreté".













